Nouvelle découverte dans la SLA à Western University

Le 14 mai 2024 – Sous la direction du Dr Michael Strong de Western University à London, en Ontario, des chercheurs ont dévoilé de nouvelles données indiquant une possible voie future de traitement de SLA. Le Dr Strong est un scientifique et un clinicien de renommée mondiale dans le domaine de la SLA et l’un des premiers à se pencher sur la maladie au Canada.

L’équipe du Dr Strong présente dans cette étude, publiée hier dans la revue à comité de lecture Brain, une protéine appelée NF242, conçue pour interagir avec une autre protéine importante dans la SLA, la  TDP-43. La fonction de la TDP-43 est anormale chez 97 % des personnes atteintes de SLA, ce qui en fait une cible potentiellement essentielle à traiter. Les chercheurs du monde entier s’efforcent actuellement de comprendre quel aspect de la protéine TDP-43 pourrait être à l’origine de la SLA. Ces expériences se concentrent sur la théorie que la protéine TDP-43 forme des structures anormales qui sont toxiques à nos motoneurones, les cellules vivantes en forme de fil qui relient notre cerveau à nos muscles.

Il y a environ dix ans, le laboratoire Strong a découvert une protéine appelée RGNEF qui se lie très spécifiquement à la TDP-43 dans la SLA et s’est demandé si on pouvait l’utiliser comme mécanisme de prévention contre la toxicité de la TDP-43. En utilisant des mouches des fruits et des souris génétiquement créées pour développer une maladie semblable à la SLA, les scientifiques ont examiné ce qui se passerait si ces animaux créaient aussi une partie de la protéine RGNEF, appelée NF242. Les mouches des fruits porteuses de NF242 se sont déplacées et ont survécu beaucoup mieux que celles sans NF242. Les souris produisant NF242 ont également obtenu de meilleurs résultats, vivant en moyenne quelques semaines de plus et retardant les symptômes de la SLA.

Ces résultats représentent une première étape dans la détermination du potentiel de la NF242 dans le traitement de la SLA. Tout traitement potentiel ciblant la TDP-43 est enthousiasmant, car il vise plus scientifiquement ce que beaucoup estiment être la biologie sous-jacente de la SLA par rapport aux nombreux traitements moins ciblés testés dans les essais cliniques à ce jour. Il est important de noter que les traitements de laboratoire démontrant une capacité à ralentir la maladie dans les modèles animaux de la SLA ne sont pas sans précédent; en fait, ils sont découverts et publiés plusieurs fois par an. Jusqu’à présent, ils n’ont pas réussi à apporter des avantages aux personnes atteintes. Plusieurs de ces traitements sont en cours d’expérimentation, et certains font déjà l’objet d’essais cliniques.

Le Dr Strong s’est engagé à mettre la NF242 en clinique le plus rapidement possible, mais il explique dans le manuscrit qu’une optimisation supplémentaire pourrait être nécessaire pour déterminer la meilleure version pour les essais cliniques chez les humains. Bien que ce processus puisse souvent prendre des années, cette découverte vient s’ajouter à la liste des futures voies thérapeutiques prometteuses pour lesquelles nous pouvons rester optimistes, tout en apportant de nouvelles connaissances à notre compréhension de la SLA.